Blanchy (Célestin Freinet LXXII)

Montaubion-Chardonney / 17 heures

Nous ferons comme lui : nous garderons à peu près tout de l’école actuelle. Seulement, nous nettoierons, nous élaguerons, nous renforcerons les pièces insuffisantes, nous remplacerons celles qui sont définitivement usées ou démodées, nous remonterons le tout sans erreur afin que le mécanisme puisse alors fonctionner dans le sens pour lequel il a été conçu.
L’éducateur devra alors se garder de se placer prétentieusement en travers des rouages, pour faire croire qu’il crée lui-même, qu’il dirige souverainement la vie et le mouvement. Sa besogne sera suffisamment noble et précieuse si elle permet aux individus de se reconnaître, de se retrouver, de se réaliser, de grandir et de monter selon la loi de leur vie. Qu’il ne se mêle point, dieu de pacotille, de modeler les esprits, de les plier à sa fantaisie pour les conduire il ne sait où, car nul encore n’a pu nous indiquer avec certitude un autre but à la vie que cette poussée mystérieuse qui est, pour tous les hommes, une raison suffisante de croître et de lutter.

Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
L’enfant veut travailler comme il veut se nourrir

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