Gif-sur-Yvette | le dimanche 23 mai 2022



Cher Jean,

J’ai rêvé, comme Rambert, d’être changé en martinet. Je continue. Ils dorment en vol, soutenus par les souffles de la nuit. J’ai parfois entendu, vers minuit, leur trille dans l’azur assombri.

Figure-toi que c’est en juillet 1978, deux ans avant toi, seulement, que j’ai lu, au prix des pires peines, La Phénoménologie de l’esprit. Si je n’ai pas été disloqué, à peu près anéanti, par l’idéalisme absolu, c’est que j’avais lu Marx, qui règle son compte à Hegel en trois foudroyantes pages.

De son voyage dans les Alpes, je ne savais rien, que les deux mots qu’elles lui ont inspirés : « Cela est ».

Et puis il y a ceux, mémorables qu’il a adressés à ses compatriotes lorsque l’armée française, après avoir écrasé les Prussiens sur le plateau du Landgrafenberg, a fait son entrée à Iéna : « Regardez ! C’est l’Esprit du monde qui passe, à cheval ».

Pas souvenir d’un mois de mai aussi beau, aussi chaud que celui qui s’achèvera bientôt.

Amitié

Pierre

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