De sortie

Au passage du bus – à l’entrée de Dugny – un geai lourd bat de l’aile, il s’arrache avec peine et s’envole lourdement, presque à la verticale, il file entre deux vieux pommiers pleins d’arthrose; le bleu de son miroir alaire disparaît derrière les branches recouvertes de lichens, je pense au pic-vert, même allure, qui a pris le même chemin entre deux foyards, la semaine passée dans les contrebas du Biollut. Je pense encore à la buse qui a attendu mon passage toute la semaine sur le plateau de Sainte-Catherine, à tous ces oiseaux entrevus qui se méfient de mes allures sans pour autant bouder tout à fait ma compagnie.
Une bergeronnette sautille un peu plus haut, l’herbe brûlée par la neige se soulève sous ses pas menus et se bombe.
Un merle rentre les épaules à la sortie du hameau et s’éloigne du bord de la route tandis qu’une trentaine de choucas tournent dans le ciel bleu. Dugny est déjà derrière nous.

Jean Prod’hom

Dans le Jorat à vélo

Riau Raubon, Le Cugnieux, La Jaccoude, La Moille Baudin, L’Escargotière, La Montagne du Château, Les Censières, La Moille Saugeon, Le Creux Gadin, La Côte de Mauvernay, Les Vuargnes, Le Chalet à Gobert, Pra Roman, Les Tailles, Sainte-Catherine, La Fruitière, La Crogne, Le Collège, La Goille, Moille Margot, La Plumette, La Brûlée, Les Cullayes, Les Fiauges, Le Bressonne, Les Bossons, La Mellette, Le Bois de Ban.

Jean Prod’hom

XI

Le froissement des pages que l’on tourne, quelques jambes engourdies que des propriétaire mal définis cherchent à démêler sous la table ronde, des coudes qui se heurtent, des soupirs, les miettes des croissants qui traînent comme l’avoine sur le sol de l’écurie, c’est 9 heures. Les quatre solides gaillards, la tête dans le sac, ruminent sagement les nouvelles du jour sans se plaindre une seconde de l’exiguïté des box.

Jean Prod’hom