Bois Vuacoz (Célestin Freinet LXXIII)

Riau Graubon / 14 heures

Notre école sera forcément différente d’aspect de ce qu’elle est aujourd’hui. Vous procédez vous autres, comme ce réformateur qui, prétendant réorganiser son village, se contenterait de séparer les habitants par âge et attribuerait à chaque catégorie un local spécial, comme si l’âge était susceptible de déterminer, à lui seul, le processus d’action. C’est celui-ci, au contraire, qui suscite la constitution des groupes en vue du travail social: culture dans ses diverses spécialités, artisans, artiste, administrateurs, etc.
Notre école sera un peu comme un petit village, avec des salles communes où les élèves pourront se réunir le plus souvent possible ou, du moins, avec, au centre une salle commune transformable rayonnant sur des ateliers de travail, des salles de documentation et d’expérience. Autour du local encore, et constituant comme une zone extérieure d’activités, des logements pour l’élevage, des champs et vergers, un rucher, des terrains de sport et de jeux, la fraîcheur d’un ruisseau si possible.

Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
Réalisations

Blanchy (Célestin Freinet LXXII)

Montaubion-Chardonney / 17 heures

Nous ferons comme lui: nous garderons à peu près tout de l’école actuelle. Seulement, nous nettoierons, nous élaguerons, nous renforcerons les pièces insuffisantes, nous remplacerons celles qui sont définitivement usées ou démodées, nous remonterons le tout sans erreur afin que le mécanisme puisse alors fonctionner dans le sens pour lequel il a été conçu.
L’éducateur devra alors se garder de se placer prétentieusement en travers des rouages, pour faire croire qu’il crée lui-même, qu’il dirige souverainement la vie et le mouvement. Sa besogne sera suffisamment noble et précieuse si elle permet aux individus de se reconnaître, de se retrouver, de se réaliser, de grandir et de monter selon la loi de leur vie. Qu’il ne se mêle point, dieu de pacotille, de modeler les esprits, de les plier à sa fantaisie pour les conduire il ne sait où, car nul encore n’a pu nous indiquer avec certitude un autre but à la vie que cette poussée mystérieuse qui est, pour tous les hommes, une raison suffisante de croître et de lutter.

Célestin Freinet, Oeuvres pédagogiques I,
L’Education du travail, 1949
L’enfant veut travailler comme il veut se nourrir