Qu’on vous laisse entendre

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Qu’on vous laisse entendre, un jour, que vous n’êtes pas indispensable dans l’exercice de vos fonctions – que vous ne l’avez même certainement jamais été, malgré votre engagement de tous les instants, – ne manquera pas de raidir votre bonne volonté et de mettre à mal votre orgueil.

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A l’inverse, que vous vous en avisiez un jour, sans l’aide de personne, et que vous concédiez en toute bonne foi qu’un autre aurait pu s’acquitter de votre tâche avec les mêmes résultats et un égal bonheur, a la vertu de vous libérer sur le champ d’une imagerie pesante et de vous rendre à nouveau le monde dans toute sa largeur. Vous voici prêt à déposer les armes et à lever les yeux au ciel.

Jean Prod’hom

Si j’écris quotidiennement

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Si j’écris quotidiennement, c’est, je crois, pour répondre à l’appel de Frantz, donner de mes nouvelles aux copains du quartier, à Dominique ; leur dire que je n’ai rien oublié de nos aventures et que je suis resté fidèle, comme eux, aux promesses que nous nous sommes faites.
Leur rappeler que s’il a fallu que nous nous séparions un jour, ce n’est pas suite à des manquements ou à des trahisons, mais en raison d’un sortilège auquel les enfants n’échappent pas ; qui les oblige, chacun, à reprendre à leur compte tout ce qui leur a été remis dans l’heureux aveuglement de l’enfance, à lui donner une forme qui ne trouve pas sa cadence sur des chemins où l’on marche de front, mais que ceux d’autrefois devraient reconnaître au phrasé pareil à la vague qui nous portait alors, pendant les vacances, du matin au soir.

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Jean Prod’hom