Je crains devoir me séparer bientôt

Capture d’écran 2015-05-02 à 16.41.44

Cher Pierre,
Je crains devoir me séparer bientôt de la Yaris ; le collecteur d’échappement est en train de se faire la malle et le réservoir a vieilli. Je souhaitais prolonger sa vie au-delà des 200 000 kilomètres, la prochaine expertise pourrait sonner le glas de mes espérances, elle finira sa vie à l’exportation.

IMG_7957

Propose aux grands, un peu avant 8 heures, un schéma du voûtage de la Louve et du Flon, du réseau des eaux usées et pluviales de la ville de Lausanne. Cette aventure souterraine commencée au début du XIXème siècle est extraordinaire, les élèves n’y sont pas insensibles.
Tout est beau et bon dans la première page du Grand Meaulnes, sans parler du reste. L’exploitation du tiret et du point-virgule permet non seulement de combler le manque lié à la linéarité de la langue, mais encore d’ouvrir sur une architecture invisible, qui se développe comme une fugue, de mot en mot, attaché chacun à une notion primitive, complexe, dont le sens fait osciller la phrase entre deux mondes singuliers, l’un qui s’éloigne, l’autre qui prend le large, établissant un quasi-lieu où reposent des souvenirs, des traces et des ombres.

IMG_7969

Rendez-vous à 18 heures 30 aux Editions Antipodes pour une relecture des épreuves corrigées ; m’étonne du peu d’erreurs. On décide d’un calendrier avant d’aller croquer une morce au Baz’Art de l’avenue de France. Il est passé minuit quand je vais me coucher.

Jean Prod’hom

J'ai le plaisir d'apprendre

Capture d’écran 2015-05-02 à 16.41.49

Cher Pierre,
J’ai le plaisir d’apprendre, en fin de soirée, que les Editions Samizdat, Faim de siècles et D’autre part parleront, mercredi et jeudi prochain au Théâtre des Osses à Fribourg (Focus sur les éditeurs romands), de leurs choix, de leur travail et de leurs combats pour publier les auteurs de notre pays. Roger Jendly, Anne Jenny, Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier liront les extraits des oeuvres proposées par les éditeurs tandis que la pianiste fribourgeoise Véronique Piller les accompagnera au piano. Tessons sera de la partie ; entendre Roger Jendly en lire des extraits, ce serait extra…

IMG_7923

Bus numéro 8 jusqu’à Bel-Air, puis numéro 17 jusqu’au Galicien. Il nous faudra ensuite une dizaine de minutes pour atteindre, par Kleber Meleau, le Centre intercommunal de gestion des déchets.
Un animateur – le même qu’à Tridel –  raconte aux élèves les grandes étapes de l’épuration des eaux à Lausanne, de l’évacuation des déchets directement dans la Louve et le Flon, du voûtage de la première en 1812 et du second en 1873, de la pose de plongeurs pour évacuer le tout loin des rives du Léman, de la mise en place de la station d’épuration en 1964, de la dérivation des eaux claires du Flon dans la Vuachère en 1996, de la restitution de celles de La Louve directement dans le lac.
Ne roulent aujourd’hui dans les anciens lits de la Louve et du Flon que les eaux usées. Coup d’oeil encore, en-bas la vallée de la Jeunesse, au déversoir du Capelard.

IMG_7938
IMG_7940 IMG_7948
IMG_7946 IMG_7944

Si on peut considérer que le processus de la séparation des eaux claires et des eaux usées trouve son origine en 1812 dans le voûtage de la Louve, c’est en 1812 également que le Petit Conseil du Canton de Vaud arrête qu’aucun cimetière ne peut être établi dans l’enceinte d’une ville ou d’un village, que les cimetières seront clos et fermés et qu’ils ne serviront pas à d’autres usages qu’à enterrer les morts. Séparer les eaux claires et les eaux usées, les vivants et les morts, c’est tout un.
Je lâche donc les élèves dans le cimetière du Boix-de-Vaux, conçu par Alphonse Laverrière en 1912 en raison de la forte croissance démographique. Pour justifier une telle invitation qui leur semble tout à fait saugrenue, je précise que ce cimetière bien vivant, avec de vrais morts, est inscrit à l’ Inventaire cantonal des monuments historiques et fait partie de la liste des Jardins historiques recensés par l’UNESCO. Ils s’égaient ensuite dans les allées, repèrent la tombe de Coco Chanel, de Pierre de Coubertin et d’un adolescent dont on a beaucoup parlé l’été passé. Je fais de mon côté quelques photos d’arrosoirs.
Le bus scolaire nous ramasse devant le siège du CIO, je reprends la Yaris derrière l’église du Mont. Me simplifie la vie pour le repas du soir, rédige l’article sur la course de trial de la veille pour les journaux locaux. Arthur est à Stockholm, il nous a laissé son absence.

Jean Prod’hom

Ropraz, une 30ème édition bien arrosée

A six heures dimanche matin, les arbres dont la cime avait été rongée par le brouillard pataugeaient dans les flaques d’eau ; les colzas s’étaient éteints, chacun avait enfilé ses bottes ; on allait, c’était évident, vers une journée difficile. Les bénévoles s’étaient mobilisés pendant toute la semaine pour que la course ait lieu et soit une fête ; on n’imagine pas, je crois, l’engagement et le travail qu’il a fallu pour préparer cette manche de la Swiss Trial Cup à Ropraz.

IMG_7887
Tom Blaser à 1 point du podium chez les élites

Les organisateurs, les juges et les pilotes ont regardé le ciel, consulté météo-suisse, sorti leurs amulettes, touché du bois et croisé les doigts, rien n’y a fait, la pluie ne s’est pas arrêtée ce 3 mai.
Mais le sport a des vertus qu’on n’imagine pas ; il a suffi d’un coup de sifflet pour que les septante concurrents relèguent les intempéries au second plan et se concentrent sur l’un ou l’autre des douze parcours tracés par René Meyer et Jean-Daniel Savary. Les cirés se sont mis à briller, les concurrents se sont battus loyalement et, comme toujours, les meilleurs se sont retrouvés devant.
Chez les Poussins, Théo Benosmane (2ème) et Jules Morard (3ème) sont montés pour la seconde fois en deux courses sur le podium ; ce n’est vraisemblablement pas la dernière fois… Derrière Jules et Théo, d’autres pilotes du Passepartout de Moudon se sont lancés courageusement dans la bataille, venus des alentours, de Thierrens, Puidoux et Vucherens, de Moudon, Hermenches et Promasens. On veut ici tous les citer, car ils ont été, sous cette pluie, admirables de courage : Alec Clerc (7ème), Bastien Perrin (8ème), Loïc Guyaz (11ème), Maxime Perrin (12ème), Maël Simon (13ème), Kelian Crausaz (14ème) ; mais aussi Nathan Bongard, Camille Girardin, et Romain Girardin qui on couru pour le fun. Un grand bravo à ces tout jeunes coureurs qui constituent l’avenir d’un club qui connaît toujours davantage de succès.
Idem chez les Benjamins, où Kouzma Rehacek confirme sa deuxième place de Savièse par une troisième à Ropraz. Les autres suivent à quelques encablures : Mathieu Habegger obtient une belle cinquième place, Jeremy Bolomey (7ème) le suit de très près. Thierry Remund (10ème), Thomas Girardin (12ème) et Colin Novelle (13ème) complètent le tableau.
Théo Grin (8ème) continue à progresser chez les Minimes, quant à Tom Selz (7ème), absent à Savièse, il revient à la compétition. Loïc Rogivue, troisième en Valais, finit à une magnifique seconde place dans la catégorie des Juniors.
Restent les Elites : si la pluie n’a guère convenu à Romain Bellanger (14ème), Steve Jordan a tiré son épingle du jeu en terminant à la 8ème place. Mais c’est Tom Blaser qu’il convient de féliciter aujourd’hui ; il termine, dans des conditions extrêmement difficiles, à la 4ème place, à un point seulement de Lucien Leiser, champion suisse 2014. Il s’est même payé le luxe de terminer 1er ex-aequo au terme du premier tour. Au bilan donc, excellent résultat d’ensemble du TCPM.
Et celui qui serait entré dimanche soir dans la grande halle vide de Ropraz aurait pu voir en son centre une belle tablée : l’équipe d’organisation et quelques bénévoles. Les rangements avaient bien avancé et ils avaient le sourire. Ils n’étaient pourtant pas prêts d’oublier cette 30ème édition d’une course dont ils sont tout à la fois les héritiers et les artisans, mais ils songeaient déjà à celle de 2016.
C’est à ce moment-là que le soleil, je crois, fit son apparition sur le visage des convives et alluma, en haut la côte du Mélèze, les fleurs de colza.

Jean Prod’hom