A la Une

LE MATIN DIMANCHE
SUISSE (titres de la colonne 1, page 4)

TESSIN: Homicide dans le milieu de la drogue / VAUD: Un motard se tue / NIDWALD: Policiers en formation blessés / BERNE: Montagne fatale / GENEVE: Collision mortelle avec un train / BERNE: Un cycliste perd la vie /
GRISONS: Indemnes après une chute de 80 mètres
– Ouf!

LE MATIN DIMANCHE
MONDE (titres de la colonne, page 6)

GOLFE D’ADEN: Les pirates capturent un cargo allemand / PAKISTAN: La bombe tue 12 enfants / ROYAUME-UNI: Fortunes en déroute / MACEDOINE: Soixante colis d’héroïne saisis /
VENISE: Les people chez Pinault
– Ouf! Un Eden loin d’Aden!

Jean Prod’hom

XVI

Il appartient au règne animal, c’est évident, il en a absolument toutes les caractéristiques. On craint cependant qu’il soit le théâtre d’une bifurcation évolutive. Car s’il est l’être le plus sot, le plus suffisant, le plus arrogant et le plus offensant pour l’humanité qu’il nous ait été de rencontrer, il est peut-être parmi nous, la science ne l’exclut pas, celui qui est le mieux adapté au monde dans lequel nous vivons. Personne ne l’espère évidemment, mais la tragédie darwinienne veut qu’on n’y puisse rien.

Jean Prod’hom


Oui

à l’inachevé lorsqu’il ne ronge pas
aux coquelicots
aux petits bonheurs qui faufilent nos jours
au doute de l’adolescent et aux limbes
aux instants qui bordent à gauche et à droite le réveil
aux chemins de dévestiture et aux geais
aux aires d’autoroute
aux entre-saisons
à la mémoire dont je ne sais rien et aux dernières cerises
au silence des muets et aux talus
aux marges généreuses
au chat qui somnole
au livre oublié dans la bibliothèque qu’on lira un jour
à la source qui s’essouffle
aux faux-plats au lézard
à l’eau qui dilate le corps lorsqu’on la boit
aux passeurs aux marges généreuses
aux photos jaunies aux bisses qui scintillent
aux rêves du cancre et du prisonnier
aux portes entrouvertes et aux pattes d’oie
à la sieste de l’ouvrier à l’étang à la tourbe
au travail bientôt terminé au jeudi saint
aux rémissions sans fin et aux bornes oubliées
au baiser volé à l’écho aux lambris délavés
à l’odeur du pain dans le fournil et aux trouées du ciel
à la frontière incertaine entre entre la terre et le ciel la terre et l’eau
à la brume d’octobre d’où sortent des cris d’oiseaux
à la persévérance à la tempérance
aux empreintes du pèlerin dans la boue
à celles du chevreuil dans la neige
à l’ancolie à l’adoration des bergers
au bluet et aux méandres du fleuve
aux fins d’après-midi aux églises vides
à la pénombre au chant du coq
au vent tiède au thé avant le lever du jour
au grain de la molasse

Jean Prod’hom