Ce n'est que cela une maison

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D’un côté l’étendue où coexistent les bêtes, les vivants et les morts, sans toi ni moi, des bois, des palais, des ruines et d’innombrables feux immatériels. De l’autre des notaires peu scrupuleux qui s’affairent, falsifient l’ordre des successions, bataillent pour un bout de pré, une section ou un quartier.

Le ciel s’obscurcit, les nuages passent sans s’arrêter. Un homme assis sur un banc peine à réconcilier l’écume de ses jours avec l’étendue de l’océan. Chacun se réjouit pourtant de son ombre et cherche dans le regard de celui qu’il croise la confirmation de son existence.

Ce n’est que cela une maison.

Jean Prod’hom

(RP) Nous traversons chaque jour le regard de l'ange

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Nous traversons chaque jour le regard de l’ange…

Aucune requête mais un point fixe, une croix autour de laquelle nous risquons notre vie et qui nous oblige à prendre le large. (P)

L’ange passe comme cet inconnu que j’aperçois en novembre dans l’encadrement de la fenêtre de derrière et qui jette un coup d’oeil de mon côté. De qui sommes-nous les hôtes? (P)

Jean Prod’hom

(RP) Le reste est de chaque jour

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La mort n’a aucune place hors de nos vies, bourdon elle accompagne nos réponses collectives, socle sur lequel on bâtit nos maisons, invente des théorèmes, usine des verroteries. Inutile de vouloir trop la forclore, inutile de vitupérer les impies. (P)

Les précautions les plus sophistiquées ne suffisent pas. Gare alors, la mort remonte la chaîne des raisons comme un inarrêtable mascaret, ronge les conventions et inonde nos ruisseaux. (P)

Le reste est de chaque jour, presque nu.

Jean Prod’hom