Dimanche 11 décembre 2011


Musée romain de Lausanne Vidy

Dernier coup de balai sur le linoléum de la chapelle mortuaire, c’est l’heure, on ferme. Le tombeau est vide, où donc est passé le rédempteur ? Seule la pierre veille, calcaire liquide, pierre au gros grain, fontaine de patience où se désaltère, assis sur une chaise vide, celui qui ne sait plus.


Jean Prod’hom

Dans les parages

Dans les parages de celui qui avance en pays familier et que semblent accompagner l’assurance, la belle allure et les mots attendus, se tient en équilibre l’ombre d’un laissé pour compte, égaré dans un pays qu’il n’a jamais quitté, cherchant les mots qui le rapatrieraient. Il ne trouve que le syllabaire de son premier livre de lecture, sonore et incomplet. Il marche au-delà de la ville qu’il a rêvée, c’est un soir d’hiver dans les ruelles sans éclat d’une banlieue qu’il ne connaît pas, fait halte dans un hôtel. Il regarde longuement les trophées alignés sous la corniche de stuc de la salle à manger déserte, des trophées de chasse. Et il aperçoit sur une des tables un livre plongé dans l’ombre, qui témoigne des gouffres qui nous menacent.

Jean Prod’hom

Les communautés de l'arbitraire

Éric Chevillard aura été l’un des premiers héros des pelouses à succomber à son charme, Roger Federer rejoindra la communauté peu après. Mais ne nous méprenons pas, d’autres avant eux y avaient succombé, d’autres après eux y succomberont. Autour du nombre sacré s’étaient en effet donné rendez-vous le corps et l’esprit, les poètes et les jongleurs, les pelouses et le bitume, le tout et le rien, les riches et les pauvres, Dubaï, Rome, Jérusalem et Toulouse, ce qui avait commencé depuis toujours et ce qui viendrait plus tard. C’est ainsi qu’est née, succombant à son charme, la première des communautés de l’arbitraire qui ont été appelées à fleurir dans les siècles à venir.

Jean Prod’hom