Il a la 807

Il a la 807
les filets de pêche qui sèchent au soleil
la santé des finances publiques
il y a la parabole du fils prodigue
la boussole
il y a le poing dans dans ta poche
le ciel qui laisse passer l’orage
la débâcle
il y a les balivernes de mon pote

Jean Prod’hom

Dimanche 14 août 2011

Il est temps de reprendre les quelques notes prises il y a deux semaines dans l’atelier de Florence, déposées à la va-vite dans un carnet de moleskine noire et de les verser, avant qu’elles ne prennent la consistance du cuir, sur la page blanche d’un traitement de texte, comme des morceaux de glaise humide sur un châssis, d’en modifier l’ordre si une nécessité de premier ordre s’en fait sentir et de les fixer avec le pouce en deux ensembles distincts de part et d’autre d’un point de tangence énigmatique qui doit piloter l’entreprise de l’arrière. Un point que je devine, chargé de promesses, mais qui ne les aura tenues que lorsqu’il aura fixé, à la fin, le sens de l’entreprise et son allure.

S’ébauche alors une forme compacte à double foyer, sans porte ni fenêtre, deux sphères posées côte à côte, étrangères l’une à l’autre. Cette forme devrait à la fin s’approcher d’une ellipsoïde de révolution parcourue, sans que le lecteur ne s’en avise vraiment, d’un réseau de relations liquides qui assureront l’équilibre et le clapotement de la signification.
Enlever, ajouter, battre, pétrir, creuser, vider, associer, lisser, intercaler, détailler, éliminer, retourner, couper, rassembler, permuter, affiner, répéter, pousser, enrouler, soulever, glisser, emboîter, consolider, entailler, éloigner, rapprocher, détacher, pincer. guillocher, modeler, rapatrier, affermir, éliminer, griffer, inciser, souder, mêler, apprêter, mesurer, compter et toujours éviter la casse.
Rédiger donc, à cheval sur midi, la vingtaine de lignes demandées qui présenteront les travaux d’une potière de la région exposés à Mézières à la fin du mois. Ça en fera une quarantaine, impossible de faire mieux, c’est à prendre ou à laisser.

Jean Prod’hom

Combe de l'A

Un courant d’air
écarte les hauts de pierres
c’est un aigle
qui remonte à grand coups d’ailes
la combe de l’A
il te frôle
immense et discret
à la verticale du disparate

adossé au mur de pierres sèches
du refuge au toit de lauzes
tu existes un peu
comme lui à peine

Jean Prod’hom