Laïus, topo et cliché

Jodie

L'Aventure d'un homme (47-48)

Et là, je l’aperçois. L’homme de l’auberge d’il y a trois semaines se trouve là, sur cette colline. Je me précipite vers lui afin de prendre de ses nouvelles. Entendant le bruit de mes pas précipités, il se retourne comme s’il savait que quelqu’un s’apprêtait à lui adresser la parole. Il avait un air étonné et heureux en me voyant.
- Excusez-moi, c’est bien vous que j’ai vu à l’auberge l’autre jour ? dis-je d’un ton amical.
- Oui, c’est bien moi! s’exclame-t-il.
Après avoir discuté quelques instants, il me demande:
- Mais au fait, où avez-vous prévu de dormir ce soir ?
C’est vrai, j’ai oublié que la nuit sera tombée dans moins de deux heures et que je n’ai toujours pas d’endroit où dormir. Je regarde l’horizon tout en y cherchant un lieu adéquat pour mon campement, tandis que le silence règne, et que cet homme me fixe d’un air légèrement insistant en attendant une réponse de ma part.
Et là, je la vois. Une petite mais imposante montagne qui s’élève en face de moi, petite au milieu des autres montagnes, beaucoup plus grandes. Mais en réalité, elle aussi a une taille démesurée. A son pied, à gauche, quelques vaches broutent de l’herbe. A droite de celle-ci, une petite chaumière et un bosquet décorent ce magnifique paysage. La cime de cette montagne me semble idéale pour y installer une tente et pour y faire un feu de camp. En baissant mon regard attentif, je parcours avec mes yeux la face rocailleuse de la montagne tout en espérant y dénicher un chemin pour monter jusqu’au sommet. Satisfait, je me retourne vers l’homme qui attend patiemment ma réponse.
-Là! dis-je en pointant du doigt cette superbe montagne.
Oui, c’est celle-là. Elle m’avait choisi et je l’avais choisie en retour. Plus je la regarde, plus je suis impressionné par sa singularité et pas sa beauté inexprimable. Je suis sûr, c’est là que je dormirai ce soir. Et personne ne m’en empêchera, même si je dois traverser ses flancs rocheux et ses fabuleux pâturages verts. Après avoir traversé l’Océan Pacifique en radeau, survécu dans l’Amazonie, travaillé dans une maison de retraite et traversé le désert de Gobi en chameau, je vais escalader cette montagne en moins de deux heures. L’homme d’un air fasciné me demande curieusement et simplement pourquoi
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