Laïus, topo et cliché

Maxim

Un Voyage sans fin (47-48)

«Ça y est, je l'ai trouvé ! Regarde sur la carte, c'est à cet endroit que se trouve notre objectif. Bon, il va falloir être patient car ce n'est pas la porte d'à côté !» Rachid avance normalement comme s’il ne m'écoutait pas puis, avec un air ennuyé me répond : «Je sais, j'ai déjà étudié la question.» Je lui dis alors qu'il faut tout de suite s'y mettre car autrement notre voyage sera impossible, du fait que la saison des pluies approche à grands pas. Rachid est entièrement d'accord avec moi, même s’il préférerait rester à la maison pour jouer avec mémé au Cluedo.

Trente jours plus tard, après un réveil agréable, nous entassons les dernières affaires dans notre sac à dos de cent-dix litres et, tout en mangeant notre croissant au chocolat, nous nous apprêtons à partir quand soudain, je me souviens qu'il fallait encore dire à mémé que nous partions pour quelques jours dans le désert. Et c'est depuis ce jour que nous avons quitté Fès – une ville du Maroc – pour nous rendre à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.

Deux mois plus tard, nous arrivons dans une ville portant le magnifique nom de Walatah, au sud-est de la Mauritanie. Bon, nous aurions pu prendre un raccourci passant par le désert mais nous ne voulions pas prendre de risque. Nous pouvons nous estimer heureux d'avoir pris assez d'eau car ce n'est pas si facile de marcher dans le désert avec trois cloques au pieds, les yeux fatigués par les rayons du soleil réfléchissant sur le sable, tout en ayant les hallucinations d'une piscine bien fraiche derrière une dune. Après cette journée qui m’est parue spécialement longue, nous nous endormons à la belle étoile. Une nuit vitale si l'on veut faire le plein d'énergie pour se retrouver le lendemain sans courbatures et sans maux de tête. Dès que nous avons repris nos forces en buvant du Champomy, nous repartons pour notre voyage périlleux.

Vers quatre heures environ, alors que nous nous dirigeons vers Tombouctou, Rachid commence à manquer d'eau. Le seul problème est que nous n’en avions plus! D'un coup, il commence à faire chaud, très chaud. Nous nous soutenons mutuellement pour faire face à la chaleur; on veut arriver à l'endroit sains et saufs. Tout à coup, je m'enfonce dans un trou jusque-là invisible : «Rachid, Rachid ! m'écrié-je, je tombe.» Après avoir succombé à ma chute, je me relève et allume une torche. Je fais alors un repérage des lieux et, surpris, j'aperçois quelque chose : une entrée décorée d'une multitude de pierres luminescentes. Plusieurs torches éteintes décrivent une sorte de cercle. Je m'avance; le cœur battant, je vois au loin une ombre. Celle-ci m'est familière. J'essaie de me souvenir d'où je l'ai vue, en vain. Quand soudain elle s'approche. Je me mets alors à courir, puis subitement, elle me dit: «Attends !»
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